Un bon modèle d’abstinence.​

Un bon modèle d’abstinence.

Gabrielle-Lisa Collard fait partie des personnes qui m’inspirent au quotidien. J’ai été très surprise d’apprendre qu’elle ne consommait presque jamais d’alcool. La jeune femme est connue pour son blogue Dix Octobre et pour ses nombreux articles dans des magazines comme Clin d’œil ou ELLE Québec, entre autres. Militante contre la grossophobie, elle choisit de nous parler de sa relation avec l’alcool et surtout son choix d’en boire peu! Je trouve que c’est un bon modèle d’abstinence puisqu’il ne vient pas d’une surconsommation d’alcool, mais simplement du fait que le goût ne lui plait pas!

« …pour une raison que j’ignore, les gens trouvent ça très inconfortable et surprenant qu’une personne refuse du vin ou de la bière dans un souper. » – Gabrielle-Lisa Collard

Gabrielle-Lisa Collard

Pourquoi as-tu choisi de ne plus boire?

Je n’ai pas tellement choisi et je ne suis pas activement abstinente, mais je n’ai jamais vraiment apprécié le goût du vin ou de la bière. Je n’ai donc jamais été une buveuse sociale, je buvais uniquement de l’alcool fort quand je faisais la fête, pour me soûler, ce que je ne fais plus depuis quelques années.

Est-ce que c’est difficile avec ton entourage, ce choix de ne plus boire régulièrement?

Je n’ai jamais vraiment bu régulièrement et mon entourage le sait, mais ils sont parfois encore étonnés que je refuse systématiquement la coupe de vin. Aujourd’hui, ils ont pas mal intégré l’idée, mais ils ont insisté plus fortement jusqu’à mes trente ans, au moins. Ce n’était pas pour me juger ou me mettre de la pression, mais pour une raison que j’ignore, les gens trouvent ça très inconfortable et surprenant qu’une personne refuse du vin ou de la bière dans un souper. Si je suis dans un repas d’affaires ou avec un nouveau groupe de personnes, c’est pareil : refuser l’alcool vient toujours avec des questions. Es-tu enceinte? Es-tu alcoolique? Pourquoi? Et inévitablement, « T’es sûre? Voyons donc, rien qu’un petit! » plusieurs fois.

Qu’est-ce que ça te fait si tu bois maintenant? Comment tu te sens?

Je bois encore moins qu’avant, donc je sens davantage l’alcool quand j’en consomme, mais j’ai une très haute tolérance. Ça a toujours été le cas. Les rares fois où je bois, je me porte très bien. Je n’ai jamais été malade ou fait de black-out, même dans ma folle jeunesse, donc je doute fort que ça m’arrive un jour.

C’est quoi ton meilleur truc pour passer une soirée avec des gens qui sont ivres quand toi tu ne l’es pas?

Honnêtement, ne pas boire est un excellent outil de motivation pour ne PLUS boire. Des gens ivres, quand on est à jeun, ce n’est vraiment pas très beau à voir. Je vais donc avoir tendance à partir au moment où tout le monde s’en vient un peu trop gluant, ce qui me convient tout à fait parce que j’atteins vite ma limite au niveau des contacts sociaux. Si je ne peux vraiment pas partir, je leur raconte des blagues et je les écoute me dire qu’ils m’aiment. Les « saoulons » font un excellent public et sont très bons pour l’égo!

As-tu des trucs pour boire autre chose que de l’eau quand tu vas dans un souper par exemple? Des recettes que tu fais quand même sans alcool?

J’adore le café, c’est donc ce que je bois en toute occasion. Les gens aiment souvent avoir une occasion de sortir leur assortiment de tisanes, et j’aime de plus en plus l’eau pétillante. Mais puisque je n’ai jamais vraiment bu socialement, je ne ressens pas de manque en l’absence d’un breuvage alcoolisé. J’ai longtemps accepté un verre juste pour avoir la paix, et je le faisais finalement boire à mon voisin de table ou le vidais dans le lavabo. J’ai arrêté de faire ça. Je dis simplement non. Autant de fois qu’il le faut.

As-tu un conseil pour une personne qui souhaite limiter sa consommation d’alcool?

Ça va paraître très simple, mais j’aurais envie de les encourager à remettre en question leurs réflexes. Pourquoi être en groupe devrait forcément signifier boire de l’alcool? C’est un comportement qu’on a appris et qu’on peut désapprendre. Certes, l’alcool est très présent dans notre culture et dans nos traditions, et on l’associe à plusieurs choses, mais ça reste un jus fermenté toxique qui empoisonne temporairement notre corps. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais ce n’est certainement pas obligatoire à Noël ou indispensable pour passer une bonne soirée. J’ajouterais que ne pas vouloir en consommer, ne nous rend ni étranges ni « plates ». C’est juste un liquide, ça ne devrait pas être si important que ça! Je pense donc que c’est intéressant de se demander pourquoi on boit, si on veut réellement le faire et surtout, pourquoi on a peur de ne pas s’amuser sans ça. Les réponses à ces questions sont toujours révélatrices et permettent aussi de répondre plus facilement aux autres quand ils nous demandent de justifier nos choix.


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